mercredi, 07 septembre 2011
Automne et rentrée des classes en Suède...
Mon blog va changer un peu et devenir un lieu de réflexion autour des sociétés française et suédoise et j’espère d’échanges.
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des enfants et de l’école ici. J’habite désormais dans une partie de Mora un peu à l’écart du centre. Imaginez un ensemble de petites maisons, type lotissement. Des pelouses entourées de maisons de bois en location où le voitures ne roulent ni ne stationnent. Les résidents sont ici avant tout des familles avec de jeunes enfants qui jouent dehors en toute sécurité. Il y a aussi des chats et quelques chiens. Première surprise pour moi : je n’entends pas de cris ou de pleurs d’enfants. Je vous jure que c’est vrai ! Ils jouent, se promènent, bavardent sans conflits ou si rarement. Je n’entends pas de parents crier après leur progéniture. J’observe et m’émerveille. Pendant la semaine, je ne vois les enfants qu’à partir de 16 heures. Avant, ils sont en crèche, jardin d’enfants, école, centre de loisirs. J’ai du demander quand s’est faite la rentrée des classes… ce n’est pas un sujet de conversation. La télé n’en parle pas. C’est si normal. Quand aux « fournitures scolaires »… les suédois ouvrent de grands yeux quand je raconte nos listes d’achats, notre allocation de rentrée. .. Quoi, il ne leur reste aucun crayon, règle,, classeur de l’année précédente ? chaque année un nouveau cartable ? Stupeur… Ici, un vulgaire crayon à papier et un stylo-bille suffisent. Les cahiers sont presque tous identiques et de même moyenne qualité. Le sac-à-dos des balades d’été fait souvent office de cartable. On n’achète que le minimum, l’essentiel et rien ne pousse à une fête ou course à la consommation. J’aime !!
Cela dit si la Suède va assez bien sur le plan économique, la rigueur est de règle depuis longtemps : on me parle des aides individuelles supprimées, des suppressions de postes d’enseignants spécialisés, d’effectifs plus chargés. Mais il n’y a pas de protestations dans la rue. Ici, on déplore mais on accepte. On fait confiance à l’Etat. Il n’y a pas de « leçons particulières », de notes avant l’âge de 14 ans, de « carnet », de classement. On rencontre l’enseignant 2 fois par ans, longuement, tranquillement pour parler de l’enfant, connaître son évolution, ses difficultés et ses réussites.
Je frémis toujours à l’évocation de nos programmes scolaires générateurs de dégoût scolaire. Ici, on apprend à lire à 6 ou 7 ans, on ne s’encombre pas des mêmes conjugaisons chaque année réapprises. En CE I nos chérubins français s’enfilent : présent, futur, passé composé, imparfait, le nom, le genre, le nombre, l’adjectif qualificatif et je vous fais grâce du reste ! mais on les leur resservira chaque année avec la suite !! Et pour digérer toutes ces connaissances, on ajoute les devoirs et soutien scolaire, l’orthophoniste, le psy… Ici, sans doute, on pourrait être un peu plus exigeant mais je vois des enfants calmes et détendus et ça… j’aime !!
A bientôt !
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